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l’art du « non-événement ».

L’art du « non-événement »

 

L’Est Républicain annonçait dernièrement que le Musée Courbet, c’est-à-dire le Conseil Général du Doubs, venait de signer un important partenariat avec le Musée d’Orsay.

Pour résumer l’histoire récente du Musée Courbet, il faut savoir que ce Musée a longtemps fonctionné sur 340 m2, avec sur cette surface modeste 52 toiles de Gustave Courbet.

Depuis bientôt deux ans, le Conseil Général a réalisé l’extension de ce musée pour porter sa surface à 2000 m2. Ceci, en ayant dépensé la bagatelle de 13,4 millions d’euros ponctionnés sur les contribuables du département.

Le seul problème reste que de 52 tableaux du Maître d’Ornans présentés sur 340 m2, le Conseil Général a réussi la prouesse de n’en présenter plus que 24 sur 2000 m2.

Où donc, sont les 26 tableaux manquants ?

C’est tout simplement l’Institut Courbet, alors en charge du Musée et dirigé depuis toujours par un certain Jean-Jacques Fernier, qui retient 26 toiles de Courbet prétextant qu’elles lui appartiennent.

L’histoire a beaucoup occupé la Cour Régionale des Comptes dont les conclusions   font depuis leur non communication programmée, partie des archives. La justice a été saisie de cette affaire, mais le laxisme qu’on lui reproche est là, le fait des princes qui nous dirigent, sous couvert de l’omerta qu’ils instaurent avec la même minutie et discrétion que leurs soirées récréatives…

 

Alors quand on lit dans l’Est Républicain que le Président du Conseil Général du Doubs vient de signer une convention avec le Musée d’Orsay pour (peut-être) obtenir le prêt temporaire d’œuvres, on a envie d’éclater de rire, car avec le courage habituel de tous les politiques manipulateurs il n’a même pas celui d’admettre que Fernier ne signera jamais la convention qui consisterait à exposer au Musée d’Ornans, les 26 toiles de Courbet qu’il détient illégalement et qui en prive le musée départemental depuis deux ans !.

Plus fort que cela, l’Institut Courbet organise des expositions avec le capital pictural (les fameux   26 tableaux) appartenant au département ; expositions que l’Institut vend très chères à Genève, à Barcelone et bientôt au japon !.

Dans cette affaire il est certain que la vérité aura du mal à exister un jour, tant que tous ces imposteurs continueront à organiser entre eux ce qui leur rapporte, soit en fausse notoriété  ou en revenus occultes.

 

De même la saga du « Chène de Flagey » a représenté un non-événement extraordinaire.

C’est un tableau que le musée Courbet a possédé longtemps jusqu’au jour ou un japonnais l’achète.

Ce tableau n’a jamais fait à Ornans, le moindre commentaire dans l’effectif permanent des tableaux de Gustave.

Jusqu’au jour où le japonnais, suite à une déliquescence de ses affaires a remis en vente ce tableau pour se refaire une trésorerie.

Comme par hasard, le tableau devient alors « une œuvre majeure » de Courbet. !.

Il y a dans cette requalification du tableau une manœuvre très socialiste ; on gonfle l’événement à l’hélium médiatique, on met une dose de populisme avec le coup de la souscription populaire. En réalité la souscription populaire n’a pas produit le dixième des 4,3 millions d’euros à réunir. Ce sont les collectivités territoriales, donc les contribuables  qui ont achetés l’œuvre et une entreprise (smoby) qui dans ce cas n’est plus la cible de la gauche comme ces salauds de patrons qui nourrissent leurs actionnaires au détriment de ces pauvres ouvriers.

A remarquer que le prix du tableau (4,3 millions d’€ ) est d’une honteuse surcote. Elle a enrichit le japonais  qui a su en tirer vingt fois  ce qui l’avait acheté.

C’est avec ce comportement irresponsable que l’on peut affirmer que depuis longtemps les socialistes ont remplacé l’éthique par la vaseline…

 En restant incompétent en matière d’art comme le réaffirmerait Gustave Courbet, le département devrait arrêter d’être ridicule dans la gestion de son Musée Courbet.

Dépenser 13 millions d’euros pour dégarnir un musée de la moitié de son capital pictural, et laisser le seul endroit émotionnel de l’existence de Courbet à Ornans, c’est-à-dire son atelier lamentablement fermé, relève d’un manque total de responsabilité intellectuelle et artistique.

 

Un seul comportement serait intelligent de la part du département. En ayant réalisé une structure muséale agréable et réussie, il faudrait que les esprits qui gèrent le musée s’imprègnent d’une réalité simple ; faire un beau contenant oblige à y mettre un vrai contenu !.

Dans la mesure où le musée d’Ornans restera en cette ville natale le lieu idéal pour vénérer Courbet, il faut simplement que le Président du Conseil Général arrive à convaincre les plus hauts responsables nationaux de l’art pictural, (Président des Musée de France, Ministre de la Culture, etc…) qu’il n’est pas raisonnable de concentrer toutes les œuvres majeures d’un peintre comme Courbet sur Paris.

Il faut défendre la réalité et la légitimité du territoire.

Il faut que le Musée d’Ornans dispose en permanence d’une ou plusieurs œuvres majeures du peintre Gustave Courbet.

C’est cela la réalité d’un musée comme celui d’Ornans.

Un musée ne vaut que pour son contenu. Pour l’instant nous avons un beau musée, mais vide.

Et un musée doit respirer sur son territoire l’esprit du peintre qu’il l’a si bien identifié. Et la aussi rien n’est fait !.

Avec beaucoup de gesticulations culturo-artistiques stériles, le Président du Conseil Général s’affiche comme le propriétaire de Courbet.

Et bien non, Monsieur le Président ;Un grand peintre comme Courbet n’appartient qu’à la curiosité universelle !.

Et c’est tout un art d’organiser et  de séduire la belle  curiosité universelle !.

 

 

 

 

7 février, 2014 à 21:43


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